Le Louvre, ça déménage !

Le Louvre est un iceberg : 35 000 œuvres en surface, 250 000 en réserve, dont une grande partie sous le niveau de la Seine. Menacées par les crues, les réserves doivent quitter les lieux pour rejoindre Liévin à 200 km : 250 000 sculptures, peintures, céramiques, accumulées depuis 700 ans… Ce n’est pas un iceberg, mais un continent qu’il se révèle, avant l’une des plus grandes transhumances de l’Histoire de l’Art.

Quatre ans de tournage ont été nécessaires pour raconter cette incroyable histoire...

Statistiquement, la Seine laisse exploser sa colère tous les cent ans. La dernière fois, c’était en 1908… Le danger est donc imminent.

Sur les quais, le Louvre tremble, car il y a trente ans l’architecte Pei a installé sous le palais, et sous le niveau de la Seine, des réserves enterrées dans lesquelles 150 000 œuvres sont conservées, et soumises à la colère du fleuve.

En 2016, la grande crue n’a pas laissé le choix au musée : si les égouts avaient cédé, et malgré une spectaculaire tentative d’évacuation, des centaines de milliers d’œuvres auraient été perdues à jamais. Il a donc fallu se résoudre à déménager.

Des statues colossales de plus de 3 mètres de haut ont donc trouvé le chemin de la sortie, leur évacuation s’est jouée à quelques centimètres…

De précieuses peintures, extrêmement photosensibles, ont rejoint le plus vite possible des caissons de transport opaques…

Des tessons oubliés, mis au jour dans le déménagement, ont été recollés, redonnant naissance à des céramiques du néolithique…

Des colonnes de marbre plusieurs fois millénaires et pesant plus de deux tonnes se sont envolées dans le ciel de Paris…

Depuis le coup de semonce de 2016 jusqu’au transfert des premières œuvres à Liévin, le film raconte cette incroyable transhumance, la (re) découverte d’une collection pas toujours entièrement répertoriée, et les grincements de dents des conservateurs réticents à voir les œuvres partir aussi loin de Paris. L’espoir aussi d’un nouvel élan d’énergie dans les Hauts de France, l’une des régions minières les plus sévèrement touchées du pays. Plus de quatre ans de tournage, pour témoigner d’une épopée hors norme : le sauvetage de l’une des plus belles collections d’œuvres d’art de l’Humanité.

 

Durée : 52'

Réalisation : Agnès Molia et Mikael Lefrançois

Diffusion le dimanche 11 octobre à 17h50 sur Arte