Un bon début

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Un documentaire pour le cinéma, consacré à une classe d'ados et à leur prof, Antoine

Antoine est enseignant à Grenoble, où il pilote une classe expérimentale de troisième. Elle réunit un petit effectif de huit garçons et sept filles que l’institution appelle un peu vite des « décrocheurs scolaires ». Mais Antoine nous confie dès le début qu’il n’aime pas trop cette étiquette. Les élèves dont il s’occupe, il préfère les décrire comme des « errants ».

On entend le plus souvent parler de ces adolescents en rupture à travers des faits divers qui fournissent le prétexte à des articles racoleurs – ceux qui dénoncent la violence des « sauvageons » ou les dérapages d’une jeunesse qui serait en manque d’autorité. Stigmatisée mais aussi fantasmée, cette adolescence a trop rarement un visage. Les généralités et les caricatures la défigurent. Pour se donner une chance de la voir, et peut-être de la comprendre un peu mieux, il faut oublier ce que l’on croit savoir et se placer à hauteur du particulier, de ces adolescents eux-mêmes, de leurs histoires. Récolter ces histoires exige du temps, de la patience, de l’énergie. Ceux de l’enquête attentive aux nuances, rétive aux diagnostics prêts à l’emploi. Ceux du documentaire.

L’Éducation Nationale a mauvaise presse. Ses détracteurs la disent trop laxiste, démissionnaire, ou livrée aux théories fumeuses des pédagogues. Ses défenseurs parlent de l’usure des profs, de leur découragement. La classe d’Antoine échappe à ces discours. Avec peu de moyens s’y accomplit chaque jour un impressionnant travail de « raccrochage », pour parler dans les termes d’Antoine. C’est intelligent, souvent joyeux, imprévisible et débordant de vie. Il faut voir ça.

Agnès et Xiabi Molia, réalisateurs

Sortie prévue : 2021